5 avril 2012

Fnac.com / Un beau titre « Le Diable et son Train » et un bon groupe Florian Pellissier Quintet

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Florian Pellissier suit maintenant depuis une dizaine d’année les traces de son maitre spirituel, Herbie Hancock. Son quintet, qui est resté d’une stabilité sans faille, a bien muri laissant les influences se mêler à des choses plus modernes : John ColtranePharoah Sanders et même des couleurs plus funky. Pour faire simple, tous ces jeunes gens jouent la musique de New York, l’endroit où ils ont tout appris.

La caractéristique principale de ce quintet c’est sa rythmique. A la fois souple et tonique, ce trio est capable d’emmener toutes les compositions jusque dans des territoires osés et nouveaux. Pianiste, Florian Pellissier a une culture musicale très fortement ancrée dans le Hard Bop, certes bien enrichie au fil des années, mais qui, à l’instar d’un Robert Glasper s’inscrit dans la vaste galaxie du groove. Il joue dans de nombreux groupes de jazz plutôtfunky (The Funk league, Hi-perspective), a participé à plus d’une dizaine d’albums, bref, le pro. Yoni Zelnik, à la contrebasse est sans conteste la base solide du quintet et apporte expérience et passion. Je ne vais surtout pas oublier David Georgelet à la batterie, compagnon de longue date du contrebassiste, qui lui, est le pilier bien fixé sur la base, tel le saule sur sa berge.

En ce qui concerne la voix du groupe, les vents donc, il y a d’abord Yoann Loustalot le trompettiste. Il est lui aussi un acolyte de longue date de Yoni Zelnik mais aussi de David EL Malek. Il construit son style, très Blue Note, avec son groupe, YO5. C’est peut-être celui qui sonne le plus New York avec Florian Pellissier. Une autre de ses armes est le buggle (fluegelhorn), sorte de maxi trompette, qu’il maitrise avec beaucoup de feeling et qui apporte une couleur spécifique au quintet. Aux saxophones, Christophe Panzani est un autre client sérieux. Saxophoniste dans des groupes très variés comme Hocus Pocus ou Electro Deluxe, mais aussi dans des directions plus ethniques et plus colorées (Fayçal Salhi 5tet, Ousmane Danedjo), il amène avec lui une belle et large palette musicale et contribue beaucoup à la vitalité du quintet comme dans Sissi par exemple.

Hormis deux compos d’Herbie Hancock, tous les morceaux sont de Florian Pellissier et montre à quel point le travail qu’il a fait à New York porte ses fruits, parce que le son de ses compos porte vraiment la couleur et l’esprit de laGrosse Pomme. Dans Le Diable et son Train on le voit vraiment bien : l’influence d’Hancock est augmentée d’un peu de Miles Davis, genre le Quintet. C’est un bien beau titre et un beau thème. J’aime penser que Boussole, une belle et élégante ballade, est en référence à la magnifique illustration qui orne la pochette du disque. En tous cas, sachez-le, cette peinture est de Claire Fahys et je la trouve vraiment top.

C’est un bel album très mature porté avec beaucoup de classe par ses musiciens qui, même s’il n’est pas révolutionnaire, montre une très réelle cohésion et une belle vision du Jazz tel qu’il se joue maintenant. A suivre assurément avec beaucoup d’attention.

Vlad
Fnac.com